Académie Goncourt : six choses à savoir sur l’élection du successeur de Bernard Pivot

France Inter Ilana Moryoussef le 19 janvier 2020

À la suite du départ de Bernard Pivot de la présidence de l’académie Goncourt, les académiciens votent lundi matin pour le remplacer. Qui a ses chances ? Comment se déroulera l’élection ? France Inter vous dévoile les dessous ce vote très attendu du monde littéraire.

C’est lundi matin, le 20 janvier, au restaurant Drouant à Paris, que sera désigné(e) celui ou celle qui succédera à Bernard Pivot à la présidence de l’académie Goncourt. L’ancien animateur d’Apostrophes, 84 ans, a annoncé en décembre qu’il souhaitait « retrouver un libre et plein usage de son temps. »

En avant-première, France Inter vous dévoile les coulisses d’une élection qui fascine le monde des lettres.

Comment se déroule la désignation du président de l’Académie Goncourt ?

Les huit jurés Goncourt (ils ne sont plus que huit, Virginie Despentes ayant démissionné le 6 janvier) votent. Cela paraît évident ? Ça ne l’est pas. Le 7 janvier 2014, Bernard Pivot est devenu président par acclamation, intronisé par la présidente sortante Edmonde-Charles Roux, peu habituée à ce que ses volontés soient discutées.

Précisons qu’à l’époque la plupart des académiciens ont été ravis de la nomination d’une personnalité aussi charismatique que l’ancien animateur d’Apostrophes. L’annonce d’Edmonde Charles-Roux avait été accueillie par une salve d’applaudissements. Cette année, cependant, il y aura un vote à bulletin secret. La diligente Françoise Rossinot, déléguée générale du Goncourt, a préparé des bulletins imprimés afin que l’écriture des votants ne soit pas identifiable.

Qui est candidat ?

  • La romancière Françoise Chandernagor, membre de l’Académie Goncourt depuis 1995, en rêve. 

Il y a six ans, Edmonde Charles-Roux lui a coupé l’herbe sous le pied en désignant d’autorité Bernard Pivot. Cette année, l’auteure du best-seller L’Allée du roi (sur les amours de Louis XIV et Madame de Maintenon) estime que son tour est venu. Elle a fait une campagne active, allant jusqu’à « appeler Eric-Emmanuel Schmidtt en Chine pendant une heure et demie pour arracher son vote », raille un académicien.

Ancienne maître des requêtes au Conseil d’État, première femme major de l’Ena, Chandernagor possède un magnifique C.V., mais certains s’inquiètent du fait qu’elle vive loin de Paris, dans la Creuse, sans téléphone.

  • Le critique et écrivain Pierre Assouline semble également décidé à se présenter contre elle.

Qui va l’emporter ?

Selon nos informations, Françoise Chandernagor peut compter sur cinq voix. Assouline, lui, en obtiendrait trois. Mais le scrutin, à bulletin secret, peut réserver des surprises.

Que se passera-t-il en cas d’égalité ?

Si Assouline et Chandernagor obtiennent quatre voix chacun, Didier Decoin, actuellement secrétaire général de l’Académie Goncourt, pourrait se dévouer pour être le candidat du recours. 

L’homme, d’une courtoisie exquise, chaleureux, toujours prêt à régaler ses interlocuteurs d’anecdotes savoureuses sur le monde des lettres ou du cinéma, fait l’unanimité. Il ne souhaite pas vraiment devenir président et préférerait consacrer son temps à l’écriture mais il pourrait accepter de s’acquitter de cette tâche pendant deux ou trois ans si nécessaire.

Quid des deux nouveaux jurés à désigner ?

Depuis le départ de Bernard Pivot et de Virginie Despentes, les académiciens ne sont donc plus que huit (Éric-Emmanuel Schmitt, Didier Decoin, Paule Constant, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel et Pierre Assouline). Les statuts de l’Académie stipulent que les dix couverts doivent être occupés et que les nouveaux doivent être désignés dans un délai de six mois après le départ de leurs prédécesseurs.

Lors de la réunion de ce lundi, les noms des écrivains qui pourraient être invités à rejoindre l’Académie Goncourt seront discutés mais il est peu probable qu’ils soient annoncés. Il devrait y avoir un homme et une femme. Le nom de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013, circule avec insistance.

Côté femmes, plusieurs écrivaines pourraient faire de très bonnes jurées (Karine Tuil, Natacha Appanah, Maylis de Kerangal) mais elles peuvent encore espérer remporter le prix Goncourt et n’ont pas intérêt à rejoindre tout de suite l’Académie. Amélie Nothomb est également citée mais on la dit fâchée d’avoir été finaliste cette année sans remporter le prix. Elle aurait le sentiment d’avoir été instrumentalisée par les Goncourt en raison de sa notoriété.

D’autres noms sont envisageables : Leïla Slimani ou Delphine de Vigan. Par ailleurs les Goncourt ne s’interdisent pas d’aller faire leur marché au sein d’autres jurys, comme le Femina ou le Médicis.

https://www.franceinter.fr/academie-goncourt-six-choses-a-savoir-sur-l-election-du-successeur-de-bernard-pivot

Le 10 janvier 1975, Bernard Pivot reçoit les avocats à la première d’Apostrophes

LES ARCHIVES DU FIGARO – Il y a 45 ans, le nouveau président d’Antenne 2 chargeait le journaliste de mettre les livres en lumière et transformer les auteurs en stars.Par Sophie Guerrier Publié le 11 janvier 2015

En 1975, Bernard Pivot voulait modifier la formule d’ Ouvrez les guillemets émission dédiée à la littérature, diffusée sur TF1. Appelé par Marcel Jullian qui voulait promouvoir la littérature sur le petit écran, Bernard Pivot complète le dispositif mis en place par le nouveau PDG d’Antenne 2 avec Apostrophes

Apostrophes était une émission ayant un thème unique, pouvant être déclinée sous forme d’un spécial consacré à un auteur vivant ou disparu, un entretien avec une personnalité, ou un ensemble de livres traitant d’un même sujet.

Commentaires de Bernard Declerck, biographe de Bernard Pivot : Apostrophes c’est incontestablement l’oeuvre majeure de la carrière professionnelle de Bernard Pivot, c’est rapidement devenu une institution reconnue au niveau national et international dont les médias parlent encore régulièrement aujourd’hui . Pour plus d’informations à ce sujet, consulter la rubrique « Biographie » sur ce blog.

Disparition de Georges Duboeuf : pour Bernard Pivot, il était « Monsieur Beaujolais »

Le Patriote, Beaujolais-Val de Saône 5/01/2020

Ami de l’illustre négociant beaujolais, l’homme de lettres et amoureux du vin évoque la disparition d’une figure centrale pour la région.

Au lendemain de la disparition de Georges Duboeuf à l’âge de 87 ans, les hommages en direction du négociant beaujolais mondialement connu se multiplient.

Dimanche matin, c’est l’homme de lettres et de télévision Bernard Pivot, originaire de Quincié-en-Beaujolais, qui a réagi sur son compte Twitter. Il loue les qualités humaines de celui qu’il considère comme « Monsieur Beaujolais », et le départ « d’un grand ami dont j’admirais les qualités humaines ».

« Est-ce un hasard si ce négociant mondialement connu a attendu pour partir les premiers jours de deux mille vins? », interroge-t-il en forme de pirouette finale et d’ultime clin d’oeil à celui qu’il a côtoyé depuis des décennies.

Les deux hommes se retrouvaient notamment depuis une dizaine d’années dans le cadre d’un « comité de défense du Beaujolais » institué en 2009 par Bernard Pivot et Périco Légasse pour contrer l’image parfois négative colportée à propos des vins du Beaujolais. Une initiative à laquelle Georges Duboeuf ne pouvait que souscrire.

Julien VERCHÈRE

https://www.lepatriote.fr/disparition-de-georges-duboeuf-pour-bernard-pivot-il-etait-monsieur-beaujolais-5553.html

Affaire Matzneff : François Morel prend la défense de Bernard Pivot et « Apostrophes »

pures médias publié par Florian GuadalupeVendredi 03 Janvier 2020

Le chroniqueur a défendu le présentateur d' »Apostrophes » ce matin dans son billet sur France Inter.

« Arrêtez de faire chier Bernard Pivot !« . C’est la phrase que François Morel a répétée durant toute sa chronique ce matin sur France Inter. Dans son billet hebdomadaire, l’humoriste a tenu à prendre la défense de l’écrivain de 84 ans et de son émission culte sur la littérature, « Apostrophes ». Depuis la révélation de l’affaire Matzneff, Bernard Pivot est accusé de complaisance vis-à-vis de l’auteur controversé à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’un extrait d' »Apostrophes » dans lequel Gabriel Matzneff était invité à s’exprimer en 1990.

Depuis la fin du mois de décembre, l’auteur de « Ivre du vin perdu » est sous le feu des critiques après l’annonce de la parution d’un ouvrage baptisé « Consentement ». Sorti ce vendredi, ce livre est le témoignage de l’éditrice Vanessa Springora, relatant comment elle a été séduite au milieu des années 1980, et alors qu’elle était âgée de 14 ans, par un écrivain de renom appelé « G » ou « G.M » dans le récit. Derrière ces initiales, Gabriel Matzneff, qui a toujours proclamé dans ses ouvrages son goût pour les jeunes filles et les jeunes garçons.

« Bernard Pivot n’est pas l’inventeur de la pédophilie »

« Pendant quinze ans, au siècle dernier, Bernard Pivot a donné envie d’acheter des livres, parfois des chefs d’oeuvre, parfois des bouquins oubliables, mais chaque vendredi soir, sur le service public, il a donné envie de lire et de comprendre le monde. Le monde est composé de types bien et de salauds. Hélas, c’est injuste, mais ce ne sont pas toujours des types bien qui écrivent des bons livres« , a débuté François Morel dans sa chronique. Et d’ajouter : « En l’occurence, je ne savais même pas si Gabriel Matzneff était un bon ou un mauvais écrivain vu que je ne me suis jamais donné la peine de le lire.« 

Le chroniqueur de France Inter a poursuivi : « Arrêtez de faire chier Bernard Pivot ! Sous prétexte qu’il a reçu à plusieurs à reprises un écrivain pédophile dont les propos en son temps auraient dû alarmer le parquet, qui en d’autres occasions s’est saisi de lui-même, mais qui à l’époque a préféré se taire, fermer les yeux et se boucher les oreilles« . François Morel a rappelé que Bernard Pivot « n’est pas l’inventeur de la pédophilie » et « n’est pas non plus son prosélyte » : « Pivot a invité des militaires sans promouvoir la guerre. Pivot a invité des curés sans défendre la religion. »

https://www.ozap.com/actu/affaire-matzneff-francois-morel-prend-la-defense-de-bernard-pivot-et-apostrophes/587716

Matzneff: Bernard Pivot « regrette » de « ne pas avoir eu les mots qu’il fallait »

HUFFPOST 30/12/2019

Le goût autoproclamé de l’écrivain Gabriel Matzneff, aujourd’hui âgé de 83 ans, pour les jeunes filles et les jeunes garçons n’a jamais fait ciller le monde de l’édition. Mais la sortie prévue le 2 janvier de “Consentement”, où l’éditrice Vanessa Springora décrit comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff, presque quinquagénaire, alors qu’elle avait 14 ans, alimente aujourd’hui un débat à ce sujet.

Il est notamment question d’une émission d’Apostrophes de 1990 au cours de laquelle Bernard Pivot interroge sur un ton badin l’écrivain sur son attirance sexuelle pour les “moins de 16 ans” . C ‘est précisément ce ton qu’un certain nombre d’internautes reprochent à l’ ancien animateur d’Apostrophes.

Dans un texte adressé au JDD, Bernard Pivot répond à ces critiques  » Animateur d’émissions littéraires à la télévision, il m’aurait fallu beaucoup de lucidité et une grande force de caractère pour me soustraire aux dérives d’une liberté dont s’accommodaient tout autant mes confrères de la presse écrite et des radios. Ces qualités, je ne les ai pas eues. Je le regrette évidemment, ayant de surcroît le sentiment de n’avoir pas eu les mots qu’il fallait”, ajoute l’ancien animateur d’Apostrophes.

“Après Mai 68 dont le slogan majeur était ‘il est interdit d’interdire’, des livres comme ceux de Gabriel Matzneff ont été publiés sans que la justice n’intervienne, sans même que les associations de défense de l’enfance et de la famille ne protestent”, explique Bernard Pivot.  “On a même vu les plus grands écrivains de l’époque pétitionner pour la libération de trois hommes emprisonnés pour avoir eu des relations sexuelles avec de jeunes adolescents. Le monde des livres et la littérature se jugeaient alors au dessus des lois et de la morale”, ajoute-t-il.

Il faut préciser aussi que, dans la même émission de 1990, Bernard Pivot laisse s’exprimer sans l’interrompre, Denise Bombardier qui reproche vivement à Matzneff ses comportements sexuels.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/matzneff-pivot-regrette-de-ne-pas-avoir-eu-les-mots-quil-fallait_fr_5e0a3e59e4b0b2520d197cef?utm_hp_ref=fr-culture

Age de Pivot, âge pivot

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@bernardpivot 1 : S’appeler Pivot et ayant dépassé de 20 ans l’âge pivot, j’ai l’impression d’être un vieux pléonasme. 13/12/2019

@bernardpivot 1 : L’âge pivot à 64 ans ? Quelle bonne idée ! J’aime beaucoup. Je suis pour. Je suis volontaire. Merci Philippe! 12/12/2019

Pivot, mon ami

par Tahar Ben Jelloun le 9/12/2019 suivi des commentaires de Bernard Declerck, biographe de Bernard Pivot

Bernard Pivot est un monument de l’histoire culturelle de la France qui aura marqué les trois dernières décennies du XXe siècle et le début du XXIe. Il a fait lire des millions de gens en France et hors de France. A l’approche de ses quatre-vingt-cinq ans, il se retire de l’Académie Goncourt.

Bernard Pivot est un homme élégant. Au mois de septembre dernier, à notre réunion de l’Académie Goncourt où il siège depuis quinze ans et qu’il préside depuis cinq ans, il demande notre attention et prend la parole. Silence autour de la table du restaurant Drouant. Il nous apprend qu’à l’approche de ses quatre-vingt-cinq ans en 2020, il se retire de l’Académie. Consternation autour de la table. Un silence ému. Des regards de stupéfaction. Et lui, dédramatise avec son humour.  » Je ne voudrais pas partir alors que mon corps et mon esprit ne seront pas en bon état; il est préférable de s’en aller quand on est en bonne santé… »

Bernard Pivot est un monument de l’histoire culturelle de la France qui aura marqué les trois dernières décennies du XXe siècle et le début du XXIe. Il a fait lire des millions de gens en France et hors de France. Ses émissions étaient attendues avec un immense intérêt. Que ce soient «Ouvrez les guillemets», «Apostrophes» ou «Bouillon de culture», que ce soient ses dictées ou ses enquêtes sur ce qu’il a appelé «le double je», Bernard remplissait un rôle essentiel dans le paysage culturel français. Il était populaire parce qu’il avait ce pouvoir formidable de se mettre au niveau du lecteur moyen, celui qui aime lire et qui voudrait qu’on l’aide à choisir un livre parmi les milliers qui paraissent.

Non seulement il a fait lire les Français et les francophones à travers le monde, mais il a énormément aidé les libraires qui faisaient de bonnes ventes des livres dont il parlait dans ses émissions.

Ce grand homme est d’une modestie confondante. Lui qui a posé des questions aux plus grands –Soljenitsyne, Nabokov, Duras, Simenon, Lévi-Strauss, Kundera, Albert Cohen, Modiano, Le Clézio, Yourcenar, etc.–, n’en parlait jamais. Il se comporte comme un bon artisan qui a fait son travail et n’en tire aucune fierté particulière. Il a aussi pratiqué une sorte d’amnésie par rapport aux dizaines de milliers d’auteurs invités.  Il oubliait les auteurs mais pas leurs livres, en tout cas ceux qui l’avaient impressionné. Jamais il n’étalait en public ses connaissances, ses relations personnelles, ses goûts dans d’autres domaines culturels. Un grand homme modeste, simple et humain.

Il a fait aussi beaucoup pour la francophonie en mettant en lumière des auteurs venus des Antilles, du monde arabe, du Maghreb et aussi d’Asie. Quand il découvrait un auteur de la sphère francophone, il faisait le maximum pour le faire connaître.

Durant les douze années que j’ai passées en sa compagnie à l’Académie Goncourt, j’ai appris non seulement à l’apprécier, mais aussi à l’aimer pour son humilité, pour son immense culture dont il ne fait jamais étalage et pour son humour. Je me souviens lorsque je fus élu à cette académie en même temps que Patrick Rambaud en mai 2008, il nous reçut avec ce commentaire: l’Académie Goncourt n’est pas raciste; elle vient d’élire un Arabe et un Nègre! Patrick Rambaud a été le nègre de beaucoup de personnes de la politique, du spectacle et même de la littérature. Il aurait écrit une centaine de livres des autres.

Un dernier point non négligeable: avec Pivot, aucune maison d’édition n’osait faire la moindre pression sur les académiciens. Cette Académie a rompu avec l’époque où des tractations et négociations se faisaient entre éditeurs. Comme il dit: «nous sommes passés d’un excès de laxisme à un excès de vertu!» La preuve, certains éditeurs ayant publié un lauréat Goncourt, envoyaient un cadeau aux membres du jury après l’attribution du prix. Bernard Pivot renvoyait systématiquement le paquet cadeau, souvent une caisse d’un bon vin, lui qui adore ce breuvage! Tel est Bernard Pivot, un homme simple et formidable.

Par Tahar Ben Jelloun

http://fr.le360.ma/blog/le-coup-de-gueule/pivot-mon-ami-204195

Commentaires de Bernard Declerck : Quand Bernard Pivot a arrêté Apostrophes, les médias célèbrent à ce point le sacre de l’animateur qu’on a parlé de ses premières funérailles nationales…Aujourd’hui Bernard Pivot quitte l’Académie Goncourt et de nouveau les médias sont nombreux à célébrer le pape de la lecture. Quand j’ai écrit sa biographie, Bernard Pivot a dit qu’il était un peu gêné d’être le sujet d’un livre trop admiratif, mais comment peut-il en être autrement quand aujourd’hui , beaucoup d’auteurs, comme Tahar Ben Jelloun, de journalistes sérieux et objectifs couvrent d’éloges le Roi Lire.

Philippe Labro – « Bernard Pivot, chapeau l’artiste ! »

Le Point 5/12/2019   Cette semaine, le journaliste et écrivain rend hommage au parcours et au travail de Bernard Pivot dans le paysage culturel français.

Ce n’est qu’un au revoir. À 84 ans, Bernard Pivot a décidé de quitter l’Académie Goncourt, dont il était membre depuis quinze ans et président depuis cinq ans. « Il ne s’en va pas, il s’éloigne », précise Philippe Labro. « Cette décision, c’est la marque d’un sage, d’un intelligent, d’un vertueux », poursuit le journaliste.

Défenseur acharné de la langue française et amoureux sincère des mots, Bernard Pivot avait notamment fait entrer la littérature dans le salon des téléspectateurs avec des émissions comme Apostrophes ou Bouillon de culture. « Il a participé à la vie littéraire française, il s’est inscrit dans le paysage culturel français », explique Philippe Labro. Journaliste, écrivain et animateur, Pivot avait réussi à faire succéder dans ses émissions des géants des lettres comme Charles BukowskiAlexandre SoljenitsyneMarguerite Duras, Arthur Miller, Norman Mailer, Bernard Henri-Lévy ou encore Jean d’Ormesson. « Chapeau, l’artiste ! » conclut l’écrivain.

https://www.lepoint.fr/invites-du-point/philippe-labro/philippe-labro-bernard-pivot-chapeau-l-artiste-05-12-2019-2351576_1444.php

Qui pour succéder à Bernard Pivot à la présidence du Goncourt?

Huffpost 3/12/2019

En 2014, Edmonde Charles-Roux avait adressé une lettre aux jurés pour leur annoncer sa décision : “Après m’être entretenue avec lui, je désigne Bernard Pivot pour prendre ma suite à la présidence de l’Académie Goncourt.” À présent, c’est au tour de Bernard Pivot lui-même de proposer un nom pour lui succéder à la tête de l’Académie. Parmi les candidats potentiels, nous pouvons bien évidemment citer Françoise Chandernagor et Didier Decoin (actuel secrétaire général) tous deux élus en 1995, soit les plus anciens de l’institution.

Alors qu’il quittera son poste le 31 décembre, Bernard Pivot et ses camarades éliront un nouveau nom pour le remplacer au premier couvert, certainement lors de leur prochain rassemblement à la table de Drouant. Il confiait d’ailleurs à L’Express en 2008 qu’un membre du jury Goncourt doit être élu à l’unanimité et “avoir un bon coup de fourchette”.  

Les années de Bernard Pivot comme président du jury auront été marquées par la consécration de jeunes écrivains, comme Leïla Slimani, avec Chanson douce (Gallimard), récemment adapté au cinéma, et Nicolas Mathieu, récompensé en 2018 pour Leurs enfants après eux (Actes Sud). En 2019, le prix tant convoité a récompensé le romancier Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier)

https://www.huffingtonpost.fr/entry/qui-pour-succeder-a-bernard-pivot-a-la-presidence-du-goncourt_fr_5de67579e4b00149f7362d27?utm_hp_ref=fr-culture

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